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Le droit à l’eau

Le Journal de Chambly - 2 septembre 2008

Opinions > Lettres des lecteurs

J'aimerais ajouter un bémol aux articles dans le Journal de Chambly de l'édition du 26 août sur la noyade à Richelieu et l'avertissement d'Hydro-Québec et de COVABAR du danger de se baigner au vieux barrage électrique. Bien que je sympathise avec la famille et les amis du jeune homme, je trouve qu’il y a un danger ici d'infantiliser davantage les gens qui veulent se baigner dans un cours d'eau naturel.

COVABAR affirme que "la fréquentation des lieux affecte l'équilibre du milieu naturel et contribue à la contamination de l'eau". Toutes proportions gardées, je crois que le ruissellement des sols agricoles chargés de pesticides, phosphates, nitrates et de pathogènes, les fosses septiques non conformes et les débordements des usines de traitement des eaux usées lors de grosses pluies affectent bien plus le milieu de reproduction des poissons que les quelques baigneurs qui déplacent des roches dans les remous.

Évidemment, je déplore les déchets et les défécations laissés par les visiteurs des rives devant chez moi, mais je défends quand même leur droit de jouissance d'un cours d'eau qui est un trésor patrimonial collectif. Tant qu'il y aura des gens assez braves pour se baigner dans la rivière Richelieu, des efforts supplémentaires devront être envisagés pour l'assainir, améliorant du même coup les chances de survie des espèces menacées qui y vivent encore.

À la mi-août, le coroner Jacques Ramsay recommandait au ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport du Québec d'offrir un cours d'initiation à la natation aux enfants du deuxième cycle du primaire afin d'éviter les noyades. Je pense que les parents ont aussi un rôle à jouer ici: en tant que riveraine, mes parents m'avaient bien inculqué une crainte prudente vis-à-vis de certains endroits à risque de la rivière, ce qui ne m'a pas empêchée de vivre des moments de pur bonheur en me baignant dans la rivière Richelieu, durant les étés de ma jeunesse.

La police, les règlements et les pancartes, c'est bien beau, mais nous sommes tous responsables de notre propre comportement et des conséquences de nos décisions. Les baigneurs et les pêcheurs ne devraient pas être des ennemis du Refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin: il faut en faire des amis et des alliés.

Johanne Dion

Richelieu


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