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Des odeurs anormales et pas d’explications

Le Journal de Chambly - 23 septembre 2008

Opinions > Lettres des lecteurs

Le 6 septembre, je ne savais pas que le couple Gauthier-Pilon écrirait à la municipalité de Richelieu à cause d'odeurs d'une intensité déplaisante jamais connue, selon leurs dires, depuis leurs 35 années à vivre dans notre ville, endurées les 27, 28 et 29 août. Je l'ai su parce que leur lettre a paru dans le Journal de Chambly du 9 septembre.

Donc, moi, le 6 septembre, j'ai aussi envoyé un courriel à la municipalité de Richelieu, au ministère du Développement durable et des Parcs, ainsi qu'à la Santé publique, à cause des senteurs épouvantables de la veille, soit le 5 septembre. Depuis les 60 ans de ma mère à vivre à Richelieu et mes 56 années, je peux affirmer que nous n'avons jamais rien enduré de pareil non plus.

Le 6 septembre au matin, j'ai rendu visite à La Maison Richelieu, où ma mère, comme une trentaine d'autres personnes, reçoit l'attention de cette maison qui se spécialise en soins nécessaires à ceux qui souffrent de la maladie d'Alzheimer. Ma visite terminée, les quelques secondes passées dehors entre la porte de la maison et ma voiture ont été suffisantes pour que je souffre de muqueuses abondantes qui irritaient mes voies respiratoires et m'ont fait tousser pendant une heure. La senteur était telle que j'ai eu un haut-le-cœur et je pensais vomir dans le stationnement. Je me suis retenue parce que je voulais fuir le plus vite possible.

Malheureusement, ma mère et les autres résidents de La Maison Richelieu n'avaient pas la possibilité de se sauver de la mauvaise senteur. Et sachant que les mauvaises odeurs sont signes de pathogènes et de gaz nocifs et que le système immunitaire est affecté par la maladie d'Alzheimer (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2804814), comment ne pas m'inquiéter du stress qu'on ajoute à ces personnes? Combien de jours enlève-t-on à leur vie en leur faisant respirer des horreurs?

Et ce n’est pas tous les Richelois qui ont le luxe de pouvoir s'enfermer dans leur maison rendue respirable grâce à un air conditionné qu'ils n'ont pas nécessairement les moyens de se payer. Le journal La Presse annonçait une température maximum de 31oC cette journée-là. Combien d'autres citoyens ont souffert des mauvaises odeurs en silence depuis que l'agriculture a adopté un système d'élevage intensif avec gestion liquide des fumiers?

Le 6 septembre, j'ai envoyé un courriel à ma municipalité, car c'est elle qui a donné les permis de construction et les odeurs sont une nuisance de juridiction municipale: personne de Richelieu ne m'a répondu. J'ai aussi envoyé un courriel au MDDEP parce qu'ils accordent les certificats d'autorisation aux élevages intensifs et c'est ce ministère qui pourrait changer les règlements ou retirer les CA, de qui j'ai reçu un accusé de réception automatique seulement. À mon courriel demandant de la pitié pour ma mère âgée souffrant d'une maladie incurable, la réponse de la Santé publique me recommande de communiquer avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ): nos vieux parents, grands-parents et malades ne sont pourtant pas du bétail!

Je ne sais plus quoi penser de la façon dont on nous traite: cruelle? Inhumaine? Les mots me manquent.

Johanne Dion

Richelieu


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