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Beaucoup de gens se tournent vers la simplicité volontaire en temps d'incertitude économique. Souvent avec l'intention d'épargner de l'argent et de trouver des trucs pour économiser. Une attitude que les vrais adeptes de simplicité volontaire, ou simplicitaires, trouvent désolante.
«Une personne doit changer sa mentalité pour être un adepte de la simplicité volontaire, pense Louis Chauvin, président du Réseau québécois pour la simplicité volontaire. Une personne qui adopte la simplicité volontaire seulement pour économiser retournera à ses vieilles habitudes de consommation lorsqu'elle sera plus à l'aise financièrement.»
«Il y a autant de façon de pratiquer la simplicité volontaire qu'il y a de simplicitaires, souligne M. Chauvin. Dans mon cas, je suis devenu végétarien lorsque j'ai compris l'impact de l'élevage de bétail pour la viande sur l'écologie. Je m'assure de la qualité et de la provenance de mes vêtements et je favorise l'achat local. J'ai aussi tendance à réutiliser. Mais il est possible de se payer du luxe et du bon temps. Les simplicitaires ne sont pas des moines bouddhistes!» L'idée, c'est de vivre selon ses besoins et non selon ses moyens.
Même si on peut vivre la simplicité volontaire de différentes façons, M. Chauvin souligne qu'il y a deux facettes importantes à ce style de vie: la réduction de la consommation et l'enrichissement personnel.
«La machine marketing nous invite à consommer et à remplir le vide de nos vies par des biens et des services, dit M. Chauvin. Mais sommes-nous plus heureux? Je crois que ce modèle manipule nos désirs et ne crée que de l'insatisfaction.»
Les adeptes de la simplicité volontaire préconisent la croissance personnelle plutôt que la consommation abusive. «Il faut préférer son enrichissement intérieur, bâtir des relations saines avec les gens qu'on aime et mettre l'emphase sur nos désirs personnels. Je conseille la méditation, le tai chi et même la consultation d'un psychothérapeute. Cette dimension spirituelle est aussi importante que l'économie d'argent.»
Pour Louis Chauvin, qui a écrit sa thèse de doctorat sur la simplicité volontaire, ce changement de style de vie peut être une solution à la crise économique actuelle. «Consommer plus n'est pas la solution, selon lui. C'est ce qui a provoqué la crise actuelle. Consommer plus, c'est comme continuer à creuser le trou dans lequel nous nous sommes enfoncés. Il faut se souvenir que ce ne sont pas les gouvernements qui changent les choses, mais bien les actions des gens. Il faut donc transformer l'individu à la base.»
De toute façon, le changement viendra selon lui, qu'on le veuille ou non. «Nous vivons actuellement comme si nous disposions de cinq planètes Terre. Notre planète ne peut subvenir aux besoins de notre société de surconsommation. La simplicité est inévitable. Reste à savoir si elle sera volontaire ou non.»
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